Apprendre à apprendre, grâce à des incitations positives
Un plaisir inné qui doit être entretenu.
Dès le plus jeune âge, l’être humain dispose d’un puissant moteur naturel d’apprentissage. La curiosité, la surprise, le jeu ou le défi activent spontanément l’envie de comprendre et d’explorer. L’enfant apprend, parce qu’il en éprouve du plaisir. Apprendre n’est alors ni une obligation ni un effort imposé : c’est une dynamique intrinsèque.
Or, ce circuit naturel est fortement fragilisé par un système scolaire encore trop largement structuré autour de la norme et de la sanction. À mesure que l’évaluation prend le pas sur l’exploration, la peur de l’erreur se substitue au goût de la découverte. Pourtant, le plaisir d’apprendre n’est pas un mirage ! Il existe bel et bien, lorsque certaines conditions d’apprentissage sont intégrées dans un processus pédagogique éclairant. Un environnement stimulant, un climat scolaire serein et sécurisant, la possibilité d’expérimenter concrètement, tel que le learning by doing, constituent des leviers majeurs d’engagement. L’erreur, lorsqu’elle est reconnue comme une étape normale du raisonnement, devient un accélérateur de compréhension plutôt qu’un frein. Quant à l’évaluation, elle gagne en efficacité lorsqu’elle éclaire un parcours, notamment grâce au feedback, plutôt qu’elle ne fige une performance.
Favoriser l’engagement actif des élèves et les encouragements, est dans mon travail de formatrice une gageure et je fais aussi partie de ceux qui pensent que la chronobiologie devrait être enseignée à chacun d’entre nous ! C’est une science qui étudie les rythmes naturels du corps dans le temps, selon l’environnement et les cycles naturels (sommeil, vigilance, attention, énergie, etc.). Elle permet de comprendre comment les rythmes biologiques influencent le fonctionnement du corps et du cerveau au cours du temps. Son objectif principal est d’adapter les activités humaines aux rythmes naturels de l’organisme pour favoriser la santé, le bien-être, la productivité et les apprentissages. Elle éclaire bien des comportements, notamment lors de la période de l’adolescence !
Et ma réflexion dépasse largement l’école. Les entreprises reproduisent souvent les mêmes mécanismes inhibants : pression du résultat immédiat, rejet de la faute, reconnaissance insuffisante. Pourtant, les organisations les plus performantes réhabilitent aujourd’hui les principes mêmes qui favorisent l’apprentissage chez l’enfant. Elles cherchent à instaurer des environnements de travail stimulants et psychologiquement sûrs, à développer des systèmes d’incitations positifs, des retours 360° constructifs et une reconnaissance réelle des contributions individuelles. Ces pratiques ne relèvent pas seulement d’un management bienveillant, mais d’une compréhension fine des mécanismes humains d’apprentissage et de motivation.
Au fond, école et entreprise font face au même enjeu. Lorsque sécurité, stimulation et reconnaissance sont réunies, entre autres, l’engagement ne se décrète plus, il émerge naturellement et est très bénéfique et productif.
Cette vidéo de Stanislas Dehaene, chercheur, psychologue cognitif, neuroscientifique, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire de psychologie cognitive expérimentale, évoque les quatre piliers qui favorisent la réussite d’un apprentissage.
Que du bon sens à la lumière du cerveau !
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