La Liberté consiste à ne pas mentir.
Je me suis réveillée ce matin avec un mot en tête : impunité, allez savoir pourquoi ! Fidèle à mon instinct de rédactrice, incapable de résister à l’appel des mots, je suis allée à sa rencontre. Il sonne presque élégamment, et pourtant, sous cet habit de lumière, se révèle un visage bien moins reluisant.
Il y a quelque chose de profondément injuste dans nos sociétés modernes : tout le monde n’est pas égal face à la loi. Derrière les discours officiels sur la démocratie et la transparence, un phénomène persiste et fragilise les institutions : l’impunité politique ! C’est celle-ci qui me vient à l’esprit. L’impunité, du latin impunitas (absence de punition), ne désigne pas seulement un comportement illégal ou immoral sans sanction. Elle incarne le déséquilibre fondamental d’un système où certains peuvent agir sans conséquences.
Dans la sphère politique, cette réalité prend une dimension particulièrement grave. Le pouvoir, protègerait-il le pouvoir ? Immunités, lenteur judiciaire, réseaux d’influence, les mécanismes sont nombreux et souvent invisibles. Le résultat, lui, est bien concret et débouche sur le constat d’une justice à deux vitesses. D’un côté, nous, les citoyens ordinaires, soumis à la loi et de plus en plus surveiller, contrôler, sanctionner. De l’autre, une élite qui semble échapper aux règles et aux lois de notre beau Pays.
Cette situation n’est pas anodine et elle est, à mes yeux, inacceptable. Elle nourrit la défiance, alimente le sentiment d’injustice et fragilise la démocratie. Car une démocratie sans responsabilité de ceux qui la symbolisent n’est qu’une illusion.
L’impunité politique ne commence pas toujours par de grands scandales. Elle s’installe progressivement, dans les petits renoncements, les silences, les affaires étouffées. Mais elle peut aussi se manifester très clairement au sein de scandales retentissants.
L’affaire Epstein, par exemple. Pour le moment, aucune garde à vue, ni mise en examen, d’Individus français cités, à maintes reprises, dans une affaire internationale de trafic d’êtres humains ; on ne parle pas de fraude ou de détournement d’argent, mais d’êtres humains ! Ce scandale, qui tend à être étouffé, est pourtant bien le scandale du siècle ! Voyez la faible mesure de la manière dont les médias le traitent et dont la sphère politique s’en dégage d’un revers de main.
Combattre l’impunité exige plus qu’un simple cadre légal. Elle nécessite une vraie vigilance collective qui revendique une justice indépendante et une presse libre. Car au fond, la question est simple : peut-on encore parler d’État de droit lorsque ceux qui détiennent le pouvoir ne le sont pas toujours, dans leur droit ?
